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Les prix du blé baissent mais la récolte aussi

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Moissons de blé tendre dans le Berry, près d’Issoudun. © C.Faimali

Tallage, cabinet d’études spécialisé dans les marchés des céréales, oléagineux et protéagineux, nous livre son analyse hebdomadaire.

Les prix des céréales à paille repartent à la baisse contrairement à ceux du maïs. Les opérateurs restent focalisés sur les conditions climatiques. Le colza, quant à lui, souffre d’une faible demande en huile à l’heure actuelle.
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Les prix des céréales à paille repartent à la baisse contrairement à ceux du maïs. Les opérateurs restent focalisés sur les conditions climatiques. Le colza, quant à lui, souffre d’une faible demande en huile à l’heure actuelle.

Le blé français en baisse a contrario des blés US et russes

Après la légère remontée de la semaine dernière pour les cotations de la nouvelle campagne, c’est un retour en arrière cette semaine des prix de la récolte 2020 (-4 €/t à Rouen à 182,25 €/t et -2 €/t à La Pallice à 182,5 €/t). Les prix de l’ancienne récolte ont chuté aussi de 2 à 3 €/t sur la semaine. Deux facteurs peuvent expliquer ce retrait : la légère reprise de l’euro d’une part et le net ralentissement de l’activité à l’exportation sur le mois de mai par rapport aux mois précédents. Ce ralentissement, conforme aux prévisions, a pesé sur les prix de l’ancienne récolte et cela a, en retour, affecté aussi les prix de la nouvelle campagne. Les pluies, qui sont arrivées la semaine dernière sur une partie de l’Allemagne et l’Europe du Sud-Est, ont été bénéfiques et ont momentanément calmé les inquiétudes.

Néanmoins, les dégâts déjà opérés cet hiver et en avril sont sans doute encore plus forts qu’estimé précédemment si bien que la récolte de l’UE 28 (incluant le Royaume-Uni) risque bien de chuter près des 130 millions de tonnes (-17 millions de tonnes par rapport à 2019). La Commission européenne a publié hier une estimation à 121,5 millions de tonnes pour le blé tendre : il s’agit d’un bas niveau (125,8 millions de tonnes le mois dernier selon cette même source) mais qui porte sur l’UE 27 (Royaume-Uni exclu). La situation est restée sèche dans l’ouest de l’UE (nord de la France et Royaume-Uni notamment). Mais des précipitations semblent s’annoncer pour la première semaine de juin. Cette perspective a probablement empêché Euronext de monter autant que Chicago hier jeudi 28 mai 2020. Aux USA, les inquiétudes s’amplifient en effet à cause de conditions sèches sur les plaines centrales pour la semaine prochaine. Chicago a reflété aussi les révisions en baisse qui ont été faites par plusieurs sources sur la récolte russe : l’analyste IKAR, par exemple, a descendu son estimation de la production de blé russe entre 75 et 76 millions de tonnes contre un potentiel de plus de 80 millions de tonnes il y a quelques mois. Comme en Europe, les cartes ne sont pas encore jouées : certes, il existe des dégâts irréversibles dans le sud du pays, mais les précipitations récentes ont été bénéfiques. La production russe ne sera pas aussi élevée que prévue mais elle reste, pour l’instant, estimée au-dessus du niveau de l’an dernier (74 millions de tonnes).

À lire aussi : Le potentiel de rendement des cultures entamé (28/05/20)

Les orges françaises plus chères que les concurrentes

Après le sursaut de la semaine dernière en réaction à la taxation des orges australiennes par la Chine, les prix des orges fourragères françaises se sont de nouveau orientés en baisse pour la nouvelle récolte (-1 €/t à 164,265 €/t rendu Rouen ou 186 $/t Fob). L’euro et l’influence du blé ont probablement contribué à cet affaissement. Toutefois, il reste important de souligner que, malgré leur baisse, les orges françaises restent chères vis-à-vis des concurrentes sur le marché mondial que ce soit les orges de la mer Noire (174 $/t Fob) ou les orges anglaises qui se situent à peu près au même niveau. La taxation des orges australiennes en Chine sera favorable aux exportations de l’UE ; entre la concurrence plus forte que l’Australie va marquer sur d’autres destinations et ce que l’UE peut gagner vers la Chine (aux dépens des orges australiennes), la balance s’annonce positive pour les exportations potentielles de l’UE. C’est le cas notamment pour celles de la France que nous avons revues en hausse de 0,5 million de tonnes à 3,8 millions de tonnes, soit le même niveau que pour la campagne 2018/19 qui se termine. Néanmoins, malgré cela, le bilan français reste lourd pour la nouvelle campagne.

Peu de cotations pour les orges brassicoles dans un contexte marqué par la chute de la demande d’une part et les inquiétudes sur les rendements d’autre part. Sans gros accident climatique, les perspectives restent lourdes néanmoins.

Remontée en maïs

La tendance générale sur le marché mondial du maïs a été haussière cette semaine : les prix américains ont gagné 3 $/t et les prix ukrainiens 7 $/t ; cela a poussé les maïs à la hausse sur la façade atlantique de la France (+ 4 €/t à 192 $/t Fob ou +2 €/t à 164,25 €/t en base juillet Fob Bordeaux). Le marché du maïs reste très attentif à l’état des cultures et à la progression des semis aux USA et des récoltes en Amérique du sud. Et justement, les pluies récentes sur le Midwest américain ont ralenti la progression des semis : les surfaces resteront quand même très élevées mais certains opérateurs craignent un petit report vers le soja, semé plus tardivement. En Argentine, la récolte est encore meilleure que prévu mais au Brésil, les estimations de la seconde récolte déçoivent et sont de nouveau revues en baisse à cause de la sécheresse.

À lire aussi : Les producteurs de maïs dénoncent des objectifs insensés (28/05/20)

Le colza pâtit des stocks d’huile

Peu de changement pour le prix du colza sur le marché français cette semaine : la hausse amorcée la semaine dernière a été stoppée par une situation plutôt lourde maintenant sur les huiles de colza. Le colza français perd 1 €/t à 367 €/t à Rouen et 377 €/t Fob Moselle. Les prix de la graine de colza restent en effet sous l’influence pesante des cours de l’huile de colza, dont la demande souffre du ralentissement de la consommation de carburants dans les transports, suite aux mesures de restrictions de circulations qui ont touché de nombreux pays du monde depuis février. Même si les mesures de confinement sont annulées ou assouplies dans plusieurs régions du monde, la demande en carburants rebondit modérément. La production de biodiesel est par ailleurs fortement ralentie, les stocks accumulés jusqu’en mai étant à des niveaux importants. Ils doivent être écoulés par les pétroliers avant que la production de biodiesel ne puisse retrouver un niveau habituel.

Le prix du pétrole s’est orienté en baisse cette semaine (à près de 33 dollars le baril contre 34 la semaine dernière) à cause des tensions entre la Chine et les USA et la perspective d’une remontée de la production russe à partir de cet été.

Les opérateurs s’attendent toutefois à un rétablissement de la demande en carburants et biocarburants d’ici à quelques mois. Par ailleurs, les conditions sèches dans une partie de l’UE ont affecté le potentiel de cultures, ce qui va renforcer le besoin d’importations de l’UE. Cette situation s’annonce haussière pour les prix européens dans les mois à venir mais modérément seulement à cause des stocks pléthoriques au Canada et la bonne récolte qui s’annonce en Australie.

Le soja en légère hausse

Les cours du soja sont soutenus actuellement par un élan d’achats massifs de la Chine. Les importateurs chinois ont largement profité des bonnes disponibilités exportables au Brésil et des prix hautement compétitifs de cette origine. La demande chinoise pour le soja continue d’être soutenue par la bonne dynamique de croissance des besoins animaux (reprise lente mais certaine après la fièvre porcine). À cela s’ajoute une volonté des opérateurs chinois d’accroître leurs stocks en fèves afin de se prémunir des risques de pénurie, qui pourraient résulter d’un regain de tension avec les USA.

Cette semaine particulièrement, quelques inquiétudes ont poussé les prix vers le haut : d’une part, les conditions trop humides dans le Midwest américain ont ralenti la progression des semis de soja ; d’autre part, les chargements au départ de l’Amérique du Sud risquent d’être retardés à cause du niveau très bas des eaux dans la rivière Parana en Argentine. Cela pourrait conduire certains importateurs à privilégier le soja brésilien au lieu de l’origine argentine. Mais au Brésil, à cause de la pandémie, certains ports affichent des fermetures momentanées comme cela a été le cas récemment à Paranaguá. Dans ce contexte, les prix du soja ont gagné 4 $/t cette semaine à Chicago, à 310 $/t.

Les tourteaux à la peine

Les prix du tourteau de soja ont perdu 5 €/t cette semaine à Montoir (à 330 €/t). Depuis la mi-avril, les prix du tourteau de soja sont en effet affectés par une offre abondante qui a fait face à une demande plutôt morose. Cela est à mettre sur le compte d’un accroissement des disponibilités de tourteaux aux USA en raison d’une trituration en soja particulièrement dynamique sur les mois de mars et avril favorisée par de très bonnes marges. Parallèlement, la demande locale du secteur animal est demeurée trop faible pour absorber l’offre. En effet, les éleveurs restent contraints de ralentir leurs productions dans les différents secteurs en raison du manque d’activité dans les usines d’abattage et de transformation de viande. Plusieurs grands établissements d’abattage aux USA ont fermé pour endiguer la propagation du COVID-19 au sein du personnel. Le ralentissement de la demande animale US et mondiale fait pression sur les prix européens.

Le tournesol stagne en France

Le prix du tournesol français est de nouveau stable cette semaine, à 335 €/t sur le rapproché à Saint-Nazaire. Avec des marges peu attractives sur la fin de campagne en France, le tournesol n’est toujours pas particulièrement recherché par les triturateurs. Il souffre de la concurrence exercée par les tourteaux de soja. Cela n’a pas permis au tournesol européen de suivre les prix ukrainiens qui ont gagné presque 20 $/t au cours du dernier mois. Les disponibilités exportables sont faibles en effet en Ukraine, et très recherchées depuis la suspension des exportations en Russie. En même temps, la demande des triturateurs en Turquie reste active en raison de l’épuisement des stocks locaux.

Tallage

A suivre : le temps des prochaines semaines dans l’hémisphère Nord (US pour la fin des semis de maïs et soja et de canola au Canada, Europe et mer Noire pour le développement des céréales et du colza, prix du pétrole, achats de soja par la Chine, prix du baril de pétrole, semis en Amérique du Nord (soja et canola).

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