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Hausse des céréales, baisse des oléagineux

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Les prix du blé sont repartis en baisse depuis mardi dernier. © C. Faimali/GFA

Tallage, cabinet d’études spécialisé dans les marchés des céréales, oléagineux et protéagineux, nous livre son analyse hebdomadaire.

Les prix des céréales ont continué de grimper au début de la semaine mais le mouvement s’essouffle ces derniers jours en lien avec Chicago et la mer Noire ; tendance contraire pour les oléagineux après les accès de hausse récents.
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Les prix des céréales ont continué de grimper au début de la semaine mais le mouvement s’essouffle ces derniers jours en lien avec Chicago et la mer Noire ; tendance contraire pour les oléagineux après les accès de hausse récents.

Blé, progression sur la semaine

Les prix du blé sont repartis à la baisse depuis le mardi 22 septembre 2020 après une nouvelle progression au début de la semaine. Le contrat de décembre du Matif a ainsi effleuré les 195 €/t avant de redescendre entre 192 et 193 €/t au milieu de l’après-midi ce vendredi 25 septembre 2020. Cette baisse du Matif accompagne celle de Chicago sur la semaine et s’explique principalement par le début d’un affaissement dans la zone de la mer Noire.

Malgré tout, sur le marché physique, les prix restent encore supérieurs aux valeurs de la semaine dernière. À 190 €/t rendu Rouen et 191 €/t rendu La Pallice — en base juillet — soit une hausse de 3 €/t par rapport aux niveaux de vendredi dernier. L’euro s’est affaissé face au dollar et cela a contribué à soutenir les prix français.

Les prix de la zone de la mer Noire, quant à eux, bien qu’en légère baisse sur la fin de la semaine, affichent quand même une bonne progression par rapport à la semaine dernière : de 7 $/t pour les blés russes à 12,5 % de protéines à 236 $/t Fob Novorossiysk.

Une évolution atypique des prix du blé russe

Ce qui vient de se passer en Russie mérite vraiment d’être souligné : les prix ont déjà grimpé au plus haut de ce qui était attendu pour la campagne et cela malgré une production très importante.

Que les prix grimpent n’était pas une surprise étant donné que le bilan mondial n’est pas très lourd, malgré la forte progression de la récolte australienne. Mais la hausse n’était pas attendue pour le début de la campagne, phénomène tout à fait rare en Russie.

En fait, la production russe a beau établir presque un record, elle est élevée dans le centre et l’est du pays mais pas dans le sud d’où partent la plupart des exportations. Comme déjà mentionné, les agriculteurs du sud de la Russie sont réticents à vendre cette année, si bien que les opérateurs doivent payer cher pour être capables d’honorer les ventes déjà engagées à l’exportation.

Or ces ventes sont importantes à la suite d’une demande mondiale soutenue et de l’absence de concurrents très agressifs avant l’arrivée de la récolte australienne. L’Union européenne (UE) avait joué ce rôle de compétiteur l’an dernier mais ne peut l’assurer de la même manière cette année. L’achat de l’Égypte cette semaine vient encore en attester : la Russie a contracté 405 000 tonnes de blé russe pour chargement à la fin de novembre.

Les prix russes se sont donc enflammés au point de tirer l’ensemble des origines mondiales vers le haut. La révision à la baisse de la récolte argentine est aussi venue ajouter une touche haussière malgré les pluies qui arrivent maintenant dans le pays. Nous estimons cette récolte à 18 millions de tonnes désormais. La Bourse de Buenos Aires vient même de publier une estimation à 17,5 millions de tonnes, contre 19 millions en 2019-2020.

Surprise sur les stocks de blé au Royaume-Uni

Au Royaume-Uni, l’AHDB — équivalent de FranceAgriMer en France — vient de revoir en très forte baisse les stocks anglais de la fin de juin 2020.

Le bilan anglais perdrait ainsi 1 million de tonnes par rapport à la précédente estimation officielle et 0,8 million de tonnes par rapport à notre estimation. Si ce point est confirmé, il vient renforcer la tension du bilan anglais pour la campagne de 2020-2021, à la suite d’un effondrement de la récolte.

Néanmoins, de grosses questions se posent sur la fiabilité des mesures de stocks cette année dans le pays à cause du confinement qui n’a pas permis d’enquêter auprès d’autant de fermes que l’an passé. Il s’agit d’un point à suivre et qui, malgré le Brexit, pourrait exercer un impact sur les exportations de l’UE (Allemagne surtout, France dans une moindre mesure) vers le Royaume-Uni d’ici à décembre.

À lire aussi : Brexit, Une sortie sans accord devient plus que probable (24/09/2020)

Une correction baissière s’amorce toutefois en blé

Après cette phase de progression des prix, plusieurs éléments de correction baissière commencent à entrer en jeu : la légère remontée du dollar pousse les prix US vers le bas ; l’arrivée des pluies dans l’ouest de l’UE commence à calmer partiellement les inquiétudes (on notera toutefois que le bassin de la mer Noire reste encore bien sec). Enfin, les craintes de redéploiement de l’épidémie de Covid-19 s’amplifient dans tous les pays avec des risques de reconfinement comme dans certains pays, à l’instar d’Israël. Cette menace suscite des inquiétudes pour la demande de court terme. Enfin, les perspectives restent bonnes en Australie et ce pays va venir progressivement remplacer la Russie sur des destinations clefs.

Il est intéressant de noter aussi que la France était présente cette semaine dans les offres faites à l’Égypte : même si les blés français n’ont pas été retenus, leur prix n’était pas très loin de celui des blés russes et cela vient souligner sans doute l’arrêt de la course en avant pour les blés russes.

En Europe, la perspective d’ouverture du marché algérien aux blés russes inquiète. Cette semaine, la situation s’est un peu éclaircie sur ce front : l’OAIC, l’office national des grains, a expliqué aux opérateurs qu’il allait effectivement assouplir les exigences relatives aux grains punaisés pour les blés de la mer Noire à taux de protéines élevé.

Ainsi, les blés à 12,5 % de protéines se verront autoriser un taux de grains punaisés de 0,5 % (au lieu de 0,1 % jusqu’à maintenant), mais les blés à 11 %, qui constituent le standard acheté par l’Algérie, resteront soumis à une limite plus basse de 0,1 % de grains punaisés. Or, les blés russes ont beaucoup de mal à atteindre ce niveau de 0,1 % si bien qu’ils ne devraient pas venir concurrencer massivement les blés français.

L’ouverture à 0,5 % de grains punaisés pour les blés à 12,5 % de protéines représente quand même une grosse menace, surtout pour les campagnes où le blé russe à 12,5 % de protéines sera bon marché par rapport aux blés à 11 %. Cette mesure ouvre définitivement une brèche qui vient fragiliser, à terme, le potentiel d’exportation français.

L’orge s’apprécie

Comme pour le blé, les prix de l’orge se retrouvent supérieurs à ceux de la semaine dernière sur le marché physique français. Ils se situent à 171,25 €/t rendu Rouen (base : juillet), une progression de 2 €/t depuis vendredi dernier.

Cette progression française est conjointe à celle des orges de la mer Noire qui gagnent entre 2 et 4 $/t, à 200 $/t Fob pour les ventes hors Chine et 208 $/t pour les ventes à la Chine. La demande chinoise vient donc encore soutenir les prix mondiaux de l’orge.

Néanmoins, avec la chute de l’euro depuis une semaine, l’écart entre les orges françaises et les orges de la mer Noire se resserre un peu : les orges françaises valent, en ce qui les concerne, 207 $/t Fob Rouen, soit le même prix désormais au départ des ports français que les orges ukrainiennes au départ de la mer Noire pour la Chine.

Les orges australiennes sont toutefois en embuscade : l’Australie vient de remporter une part non négligeable de l’achat de 540 000 tonnes de l’Arabie Saoudite cette semaine et les prix australiens s’affichent à la baisse d’une semaine sur l’autre. La compétition que ce pays va exercer sur le marché mondial de l’orge se met en route et risque de se renforcer dans les mois à venir. À l’intérieur de l’UE, la compétition est forte aussi.

Les orges allemandes sont moins chères que les orges françaises et l’Allemagne pourrait bien servir une bonne part des 117 000 tonnes qui ont été achetées par l’Algérie cette semaine aussi.

L’ensemble de ces facteurs est venu peser sur les prix français à la fin de la semaine après un pic à 174 €/t rendu Rouen mercredi.

Sur le créneau brassicole, la tendance est à la hausse : les prix d’hiver et de printemps gagnent 4 €/t tous les deux, à 180 et 181 €/t Fob Creil respectivement. La France va exporter beaucoup d’orge de brasserie à la Chine cette année. Cet élément, ainsi que la baisse de sa production apte à la brasserie, indique qu’il n’y aura pas de gros surplus brassicole en France cette année. Dans l’ensemble de l’Europe, c’est le contraire, la remontée de la production et une demande morose augurent de larges surplus.

Le maïs encore en hausse

Le maïs a continué de s’apprécier cette semaine sur le marché français, gagnant environ 1 €/t sur la façade atlantique (à 173,75 €/t Fob Bordeaux) et Fob Rhin (172 €/t) en base juillet. Ils ont été poussés par le blé et l’orge mais aussi par les prix ukrainiens qui grimpent encore de 5 $/t, dans un marché où les exportateurs ont de la peine à trouver de la marchandise avec la perspective d’une récolte bien plus basse que prévu il y a deux mois.

Des rumeurs tournaient ces derniers jours sur le marché roumain : le bruit circulait que la proximité des élections de ce dimanche pourrait encourager le gouvernement à autoriser les producteurs à « faire défaut », c’est-à-dire à annuler des ventes déjà faites à des exportateurs.

Comme pour l’arrêt des exportations que la Roumanie avait voulu mettre, unilatéralement, en place en juin, il semble invraisemblable que de telles mesures soient officiellement rendues possibles. Néanmoins, cela souligne l’extrême fragilité du bilan roumain cette année après des rendements catastrophiques en maïs. Cette situation est plutôt favorable pour les exportations de maïs français.

Néanmoins, le vent commence à tourner sur le marché mondial après l’accès de fièvre récent : le contrat de maïs à Chicago est à la baisse sur la semaine avec la montée en puissance des opérations de récolte à la faveur d’un temps sec.

Les premiers résultats viennent confirmer une forte hausse par rapport à l’an passé et surtout le fait que la récolte américaine (USA) sera probablement l’une des plus élevées de l’histoire. Les prises de profit après les hauts niveaux atteints au début de septembre et la menace de nouvelles vagues de Covid-19 à l’échelle planétaire pèsent aussi sur les prix.

En Chine, le ministre de l’Agriculture a annoncé que la récolte de maïs serait moins affectée que prévu par les déboires climatiques. Au Brésil, il vient de pleuvoir et cela est favorable pour que les semis de soja aient lieu à temps tout comme ceux de la seconde récolte de maïs qui suivra celle de soja.

Le soja fait une pause

Après la hausse ininterrompue des six dernières semaines, le soja lâche un peu de lest à Chicago cette semaine : –10 $/t sur le rapproché, à 368 $/t. La situation aux Etats-Unis (USA) pour la campagne de 2020-2021 qui débute s’annonce pourtant beaucoup moins lourde que celle de l’an dernier malgré le fort accroissement de la récolte.

En effet, les USA ont déjà engagé plus de 32 millions de tonnes à l’exportation (dont 17 millions de tonnes vers la Chine) pour une prévision que nous situons à 60 millions de tonnes pour l’ensemble de la campagne. Plus de la moitié des exportations US sont donc déjà engagées alors que le pays n’avait vendu que 10 millions de tonnes l’an dernier à la même date dont moins de 2 millions de tonnes à la Chine.

Fondamentalement, à cause de la croissance de la demande chinoise, le bilan mondial du soja s’annonce beaucoup plus équilibré que l’an dernier. Il s’agit donc d’une lame de fond qui soutient les prix, renforcée par une forte chute des stocks de graines au Brésil.

Néanmoins, cela n’empêche pas le petit retrait des prix de cette semaine dû à l’arrivée de la récolte sur le marché américain et à la prise de profit d’opérateurs après la forte montée récente. La graine de soja reprend sa respiration de concert avec le tournesol dont les prix, pour le moment, ont déjà bien reflété la forte réduction des disponibilités mondiales, dans la zone de la mer Noire notamment.

Le tourteau de soja, au contraire, voit son prix gagner 22 €/t cette semaine, à 379 €/t à Montoir. Le tourteau ne suit donc pas la graine et cela reflète surtout la situation de l’Amérique du Sud où la trituration est limitée par le manque de disponibilités actuellement (Brésil) et la réduction de certaines capacités (Argentine).

Le tournesol reprend son souffle…

Ainsi, après les sommets de la semaine dernière, le tournesol abandonne 10 €/t à Saint-Nazaire (à 390 €/t pour la qualité standard) et 15 $/t en Ukraine, à 471 $/t Fob. La correction baissière de cette semaine intervient comme une correction face à une situation où le tournesol et son huile sont devenus très chers face aux autres graines.

Néanmoins, la situation européenne et mondiale de la graine et de l’huile tournesol s’annonce très tendue pour la campagne de 2020-2021 ce qui devrait empêcher les prix de chuter beaucoup.

… Et le colza aussi

Comme le soja et le tournesol, la graine de colza voit son prix chuter cette semaine. Elle perd 12 €/t sur le marché physique, à 381 €/t rendu Rouen et Fob Moselle, et 7 €/t sur le Matif, à 385,75 €/t pour l’échéance de novembre au milieu de l’après-midi de ce vendredi 25 septembre 2020.

Les prix retombent après l’accès de hausse liée à l’influence du tournesol (stocks mondiaux faibles et récolte décevante) et du soja (achat chinois). Les prix du colza sont contraints aussi par des arrivées plus précoces que l’an passé de canola canadien en Europe.

Néanmoins, les perspectives de récolte se dégradent au Canada : la situation climatique n’a pas été favorable en août et les rendements du canola sont maintenant prévus proches de ceux de l’an dernier.

La hausse attendue de la récolte au Canada n’aura pas lieu et la production, à 19,2 millions de tonnes, pourrait même chuter légèrement par rapport à celle de l’an dernier. Même si les chargements canadiens vers l’UE sont assurés jusqu’en décembre, les arrivées de la seconde moitié de la campagne sont, en revanche, plus incertaines.

Certes, l’Australie viendra prendre le relais, mais au total, avec la chute des disponibilités ukrainiennes, l’UE ne pourra pas importer beaucoup plus qu’en 2019-2020 dans un marché mondial qui s’annonce très tendu, marqué par la reprise des achats de la Chine et une trituration en hausse.

Tallage

À suivre : achat de l’Algérie, compétitivité des orges australiennes, achats de la Chine en soja, maïs, blé et orge, attitude des producteurs du sud de la Russie, récolte de blé en Australie et Argentine, conditions de semis d’hiver en EU et mer Noire, récolte de soja aux USA, conditions climatiques au Brésil (soja), et en Australie (canola)

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