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Produire des betteraves autrement

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Une des pistes de l’Inrae et de l’ITB est d’augmenter la capacité de régulation à proximité des parcelles, notamment en implantant des cultures sur des surfaces de compensation, qui hébergeront une population forte d’auxiliaires. © P. Pavard

Le plan de recherche sur les alternatives aux néonicotinoïdes pour lutter contre la jaunisse de la betterave a été présenté le 22 septembre 2020 au ministre de l’Agriculture. Ces alternatives passeront par de la génétique, du biocontrôle et de l’agronomie avec la mise en culture près des parcelles de betteraves de plantes mellifères.

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« La façon de cultiver la betterave en 2024 sera très différente de celle d’aujourd’hui », a lancé Christian Huyghe, directeur scientifique agriculture de l’Inrae, lors de la présentation le 22 septembre 2020 du « Plan national de recherche et d’innovation sur les alternatives opérationnelles aux néonicotinoïdes contre la jaunisse de la betterave ».

Copiloté par l’Inrae (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement) et l’ITB (Institut technique de la betterave), ce plan a été présenté le jour même au ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie. « Si des pistes prometteuses ont été identifiées, il n’existe pas à ce jour de traitements à l’efficacité comparable aux néonicotinoïdes opérationnels à grande échelle et il est indispensable d’amplifier les efforts de recherche et d’innovation », soulignent l’Inrae et l’ITB dans un communiqué de presse. Car les possibles dérogations pour utiliser les néonicotinödes sur semences de betteraves seront valables pour trois années au maximum. Il faudra donc être prêt en 2023.

Quatre axes de recherche

Les travaux d’une durée de trois ans s’articulent autour de quatre axes :

  1. L’amélioration de la compréhension de la situation sanitaire

    Il s’agit de mieux anticiper la pression en pucerons et en jaunisse et de mieux connaître la maladie. Quatre virus différents sont responsables de cette maladie et les recherches vont permettre de mieux identifier par exemple les réservoirs de virus (résidus de culture de betteraves, productions potagères, adventices, espèces pérennnes…).

  2. L’identification et la démonstration des solutions à l’échelle de la culture

    « Les pistes sont multiples et seront toutes travaillées en parallèle et en lien les unes avec les autres, explique l’Inrae. En collaboration avec des entreprises phytosanitaires, des essais seront poursuivis pour identifier d’éventuels candidats nouveaux, en misant en particulier sur les produits de biocontrôle. » Seront testés, par exemple, des stimulateurs de défense pour limiter l’infection virale et des molécules pour inhiber la colonisation des plantes par les pucerons. « Une piste intéressante est de trouver des prédateurs des pucerons verts de la betterave, détaille Philippe Mauguin, président-directeur général de l’Inrae. Une piste intéressante avec des hyménoptères parasitoïdes va être étudiée. » [...] « Cet auxiliaire de demain il existe déjà mais il faut apprendre à le connaître », ajoute Alexandre Quillet, président de l’ITB.

    La piste génétique sera également étudiée avec l’identification de nouvelles sources de résistance sur la base des résultats du programme Aker. « Ce programme constitue un socle sur lequel on va s’appuyer pour passer au crible le potentiel de résistance de ces ressources génétiques aux quatre virus de la jaunisse », explique Philippe Mauguin. Les variétés du catalogue français vont également être étudiées avec les firmes semencières et le Geves (Groupe d’étude et de contrôle des variétés et des semences), avec « un espoir raisonnable d’en trouver avec des caractères intéressants ».

    > À lire aussi : Des variétés de betterave plus performantes d’ici à 2025 (23/09/2020)

  3. L’identification et la démonstration des solutions de régulation à l’échelle de l’environnement des plantes, des cultures et des paysages

    L’objectif est de « tester les espèces végétales ayant un effet répulsif du fait de leurs productions de composés organiques volatils permettant de réduire l’attractivité des cultures de betterave vis-à-vis du puceron vert ».

    Autre piste évoquée et non des moindres : augmenter la capacité de régulation à proximité des parcelles, notamment en implantant des cultures sur des surfaces de compensation, qui hébergeront une population forte d’auxiliaires. Un travail sur les espèces, leur implantation (localisation, surface…) et les leviers pour favoriser l’implantation de ces auxiliaires va être réalisé. « Et s’il y a une quantité suffisante des bandes fleuries attractives pour les abeilles, ces dernières seront attirées vers elles, anticipe Philippe Mauguin. Il reste à déterminer le bon calibrage au niveau du paysage entre bandes fleuries et parcelles de betteraves. »

    « C’est une vraie rupture de penser à l’échelle des paysages, renchérit Christian Huyghe. La question est de savoir comment arriver à faire en sorte que la capacité de régulation grâce aux auxiliaires soit élevée. Avec un paradoxe à gérer : pour avoir des auxiliaires, il faut des pucerons ! » Et d’insister : « les paysages seront très différents en 2024, avec une logique différente », reconnaissant que cela allait « mobiliser des surfaces en culture, mais pas uniquement ».

  4. La transition vers un modèle économique

    La condition de réussite de ces méthodes alternatives, c’est que cela soit économiquement viable. Les incidences économiques de l’ensemble des évolutions techniques possibles seront ainsi évaluées.

Observatoire in situ

Pour tous ces travaux, des expérimentations et des observatoires agronomiques in situ seront déployés. Ces expérimentations concerneront au moins 500 hectares dès l’année 2021 répartis sur les six régions betteravières françaises. Une disposition annoncée dans le plan de prévention présenté le 22 septembre 2020 par la filière de la betterave.

Ce plan national va bénéficier d’un financement public additionnel de 7 millions d’euros sur trois ans, pour un montant global supérieur à 20 millions d’euros, avec les cofinancements de l’Inrae, de l’ITB et des semenciers.

> À lire aussi : Betterave et néonicotinoïdes, un plan de prévention pour réduire le risque (22/09/2020)

Isabelle Escoffier
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