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Un cas de mammite gangréneuse

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Infection. Ces mammites peu fréquentes peuvent être fatales du fait du choc toxique. Dans le meilleur des cas, le quartier est perdu.

Appelé en urgence un dimanche matin pour une vache laitière qui ne se relève pas, voici les informations dont je dispose avant de partir. La vache est en lactation depuis quatre mois. L’éleveur a soigné dans un premier temps une mammite, selon le protocole de soins qui a été recommandé lors du bilan sanitaire. Il m’a appelé la veille, le samedi soir tardivement, pour des conseils concernant un traitement complé...
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Appelé en urgence un dimanche matin pour une vache laitière qui ne se relève pas, voici les informations dont je dispose avant de partir. La vache est en lactation depuis quatre mois. L’éleveur a soigné dans un premier temps une mammite, selon le protocole de soins qui a été recommandé lors du bilan sanitaire. Il m’a appelé la veille, le samedi soir tardivement, pour des conseils concernant un traitement complémentaire. J’apprends alors que la vache ne fait pas d’hyperthermie, que le quartier avant gauche est induré avec des lésions du sphincter du trayon. Je lui recommande un traitement par voie générale. L’éleveur n’étant pas au contrôle­ laitier, je ne dispose pas d’information concernant les comptages cellulaires individuels.

L’examen clinique

En arrivant, je trouve l’animal logé dans une stabulation entravée bien entretenue. L’examen clinique fournit les éléments suivants : température de 38,7 °C ; la vache ne sait pas se relever, boit et mange difficilement et ne rumine pas. Elle s’était encore relevée la veille au soir avant l’appel téléphonique. Le quartier avant gauche présente des légères modifications du lait. Il est œdématié et induré, et j’observe des lésions croûteuses au niveau du sphincter. Ces lésions sont favorisées par la stabulation entravée et par un dysfonctionnement éventuel de la machine à traire.

L’origine des bactéries responsables de ce type d’infection est impossible à prévoir compte tenu des informations recueillies et des apports modestes de l’examen clinique. Toutes les bactéries peuvent être responsables de ces infections aiguës.

Le choix de l’antibiotique

En respectant les recommandations professionnelles, j’ai réalisé un traitement anti-inflammatoire et une fluidothérapie associée à un drenchage. Concernant l’antibiothérapie, j’avais le choix entre plusieurs spécialités, certaines susceptibles d’induire une antibiorésistance et d’autres pas. Compte tenu de la gravité du cas et de mon expérience, j’ai administré de la marbofloxacine. Il s’agit d’un antibiotique d’importance critique, dont la prescription est réglementée depuis le 1er avril 2016 : ne s’administre qu’au chevet de l’animal malade, avec la nécessité de faire une bactériologie et un antibiogramme selon la norme NFU47-107 ou 106. Ce qui fut fait. Il faut préciser que le prélèvement a eu lieu alors que l’animal était traité aux antibiotiques par voie locale et générale. Dans la nuit du dimanche au lundi, ce même client m’appelle pour un prolapsus utérin sur une de ses vaches allaitantes. Après la réduction, je réexamine la vache laitière de la veille, qui ne va pas mieux.

Des symptômes très caractéristiques

Lors de l’examen de la mamelle, le quartier arrière gauche est bleu et froid. Il s’agit d’une mammite gangréneuse. La vache a été de nouveau drenchée et un traitement à base de pénicilline-streptomycine par voie générale a été prescrit. Cet animal est toujours en phase de récupération au niveau locomoteur mais a repris un appétit normal.

Les mammites gangréneuses sont peu fréquentes et se produisent souvent dans la première semaine qui suit le vêlage et plutôt sur des primipares, ce qui n’est pas le cas ici. L’apparition est brutale et les symptômes généraux sont importants, comme ceux décrits plus haut. Le quartier devient rapidement froid, bleu et humide. Le lait ressemble à du sérum. Plus tard, un liseré apparaît et sépare les zones saines des régions touchées. L’animal peut mourir d’un choc toxique dans les trois jours. Si la vache survit, le quartier se nécrose, tombe progressivement et cicatrise. Staphylococcus aureus est la bactérie la plus isolée mais d’autres espèces peuvent être mises en cause, montrant qu’il ne s’agit pas d’une entité spécifique. Il s’agit généralement d’une maladie isolée. La mammite gangréneuse est donc une forme clinique due à la production massive de toxines nécrosantes par des bactéries variées.

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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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