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« La valorisation beurre poudre va tomber sous 200 €/1 000 litres »

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Certains opérateurs annoncent une baisse du prix du lait de 20 à 30 €/1 000 litres sur le second trimestre. © C. Faimali/GFA

Les cotations européennes de la poudre maigre et du beurre ne cessent de plier sous le poids de la crise du coronavirus. Pour l’Institut de l’élevage (Idele), la valorisation beurre poudre du lait devrait bientôt passer sous la barre des 200 €/1 000 litres.

Depuis le mois de février, les cotations européennes de la poudre de lait écrémé et du beurre se sont respectivement écroulées de 650 € la tonne et 500 €/tonne. En avril, le décrochage s’accélère (voir le graphique ci-dessous). « Les industriels ont de plus en plus de mal à trouver des clients pour les ingrédients laitiers, note Gérard You, à l’occasion d&rsquo...
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Depuis le mois de février, les cotations européennes de la poudre de lait écrémé et du beurre se sont respectivement écroulées de 650 € la tonne et 500 €/tonne. En avril, le décrochage s’accélère (voir le graphique ci-dessous). « Les industriels ont de plus en plus de mal à trouver des clients pour les ingrédients laitiers, note Gérard You, à l’occasion d’une visioconférence donnée par l’Institut de l’élevage le 16 avril 2020. Les acheteurs se tournent vers le marché Spot. »

Résultat, la valorisation beurre poudre du lait, aujourd’hui autour de 220 €/1 000 litres, devrait rapidement tomber en dessous de 200 €/1 000 litres. « À dires d’opérateurs, cela devrait conduire à une baisse du prix du lait payé au producteur de l’ordre de 20 à 30 €/1 000 l sur le deuxième trimestre [par rapport au premier trimestre] », ajoute Gérard You.

À lire aussi : Crise, l’impact du Covid-19 varie d’un bassin laitier à l’autre (20/04/2020)

L’e-commerce ne sauve pas la mise

Hors circuits courts, les ventes de produits laitiers dits de première nécessité explosent. Sur la semaine du 16 mars, à l’orée du confinement, les achats de lait liquide, de beurre et de crème par les ménages ont bondi de 71 %, 61 % et 52 % en volume sur un an (d’après le panel IRI). Les stocks étaient faits.

« Les semaines suivantes, l’engouement est encore fort mais se tasse sensiblement », ajoute Gérard You. Les ventes progressent également sur le segment de l’ultra-frais et du fromage libre-service, dans une moindre mesure. Si le signe de qualité bio remporte un franc succès, les fromages traditionnels AOP et IGP sont à la peine.

À lire aussi : La Vache qui rit et Babybel profitent du coronavirus (21/04/2020)

L’e-commerce alimentaire a capté un tiers des achats supplémentaires, un record de chiffre d’affaires. Malgré tout, ce « boom » ne permet pas de compenser la fermeture de certains débouchés à l’exportation, vers la restauration collective ou les industries agroalimentaires. En conséquence, la majorité des opérateurs appelle au lissage du pic printanier de la collecte laitière. Les stratégies sont variées.

Certains industriels comme Sodiaal et Savencia ont annoncé des baisses sur le prix du lait de printemps. Les coopératives de collecte, délaissées au profit des livreurs directs, imposent le plus souvent une réduction de volume sous peine de voir les excédents sous-valorisés. C’est le cas de l’ULM.

Du côté des AOP fromagères, la situation est critique. Les réductions de fabrications annoncées au printemps, 8 % en Comté ou encore 30 % pour le Saint-Nectaire, imposent une réduction des livraisons. « Les litrages excédentaires ne seront pas collectés ou revendus sur le marché Spot », indique Gérard You.

À lire aussi : Cahiers des charges, des fromages sous appellation s’adaptent face au coronavirus (20/04/20)

D’après le sondage hebdomadaire de FranceAgriMer, un premier tassement de la collecte s’observe au début d’avril (semaine 14). Un retournement qui, s’il ne constitue pas un événement isolé, pourrait contenir la chute des cours.

A. Courty
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