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La filière laitière prépare son monde d’après

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15 millions d’euros d’indemnités ont été versés à plus de 22 000 éleveurs pour avoir lissé le pic de collecte laitière en avril 2020, pendant le confinement. © Cédric Faimali/GFA

À l’occasion de l’assemblée générale de l’interprofession laitière (Cniel), à Paris le 9 septembre 2020, la solidarité et la réactivité de la filière ont été mises en avant au regard des récentes crises traversées. Mais la récession économique en cours et à venir, inquiète.

La filière a tenu bon. À l’automne 2019, l’affaire Lubrizol éclatait. En mars 2020, le confinement débutait. En août, le Liban avait recours à l’aide humanitaire. « Solidarité et responsabilité partagée ont été nécessaires pour traverser ces trois événements exceptionnels », a insisté Thierry Roquefeuil le 9 septembre 2020, lors de l’assemblé...
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La filière a tenu bon. À l’automne 2019, l’affaire Lubrizol éclatait. En mars 2020, le confinement débutait. En août, le Liban avait recours à l’aide humanitaire. « Solidarité et responsabilité partagée ont été nécessaires pour traverser ces trois événements exceptionnels », a insisté Thierry Roquefeuil le 9 septembre 2020, lors de l’assemblée générale de l’interprofession laitière, qu’il préside.

Crises à répétition

Sur l’année écoulée, le Cniel a mis presque 19 millions d’euros sur la table pour indemniser les producteurs Français. À la suite de l’incendie du site Lubrizol classé Seveso en périphérie de Rouen, le lait des élevages situés sur la trajectoire des fumées présumées toxiques a été consigné. « Le lait jeté a été indemnisé, à hauteur de 3,5 millions d’euros », explique Thierry Roquefeuil.

Le 30 mars 2020, le confinement, la mutation des modes de consommation et l’absentéisme croissant dans les usines motivent une nouvelle décision : ne pas produire le lait qui ne pourrait être transformé, ou même vendu. Les producteurs sont donc appelés à lisser le pic de collecte d’avril. En tout, 15 millions d’euros d’indemnités ont été versés à plus de 22 000 producteurs.

« La rapide mobilisation du Cniel et des éleveurs a permis de ne pas engorger les marchés de produits laitiers industriels », se félicite Thierry Roquefeuil, déçu du manque de réactivité de la Commission européenne et de l’absence de mise en place précoce d’une « cellule de crise agricole ». Il aura en effet fallu attendre le 11 mai 2020 pour que le dispositif du Cniel soit autorisé, avec effet rétroactif au 1er avril.

Deux portes de sortie

« Des solutions ont été trouvées dans l’urgence, mais toute l’ampleur de la crise économique est devant nous, rappelle néanmoins le président de l’interprofession. Sans compter les sécheresses à répétition, qui gonflent les charges sur les élevages. »

Deux portes de sortie se font jour : le plan de relance du gouvernement et la survie de l’état d’esprit des États-généraux de l’alimentation. Sur le premier volet, le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, a rappelé que la filière pourrait prétendre au financement du plan protéines (100 millions d’euros à l’échelle de la France), ou encore à celui de la modernisation des élevages face au changement climatique (125 millions d’euros). « Sur l’ensemble du plan de relance, 100 milliards d’euros ont été débloqués pour construire une France forte. Or cela n’arrivera que si son agriculture est forte », appuie le ministre.

À lire aussi : Plan de relance, 1,2 milliard pour « la transition agricole » (03/09/2020)

Revaloriser les marques de distributeur

Concernant les prochaines négociations commerciales, « nous sommes à un moment clé de la vie de la loi Egalim, relève Robert Brzusczak, président du collège des industriels privés de l’interprofession. Il faut que la démarche s’élargisse à l’ensemble des marques. » Le ministre, qui confirme vouloir aller jusqu’au bout de cette loi, assure que « les entraves à cette quête de valeur et à sa juste répartition seront remontées auprès du ministère de l’économie. »

En parallèle, le comité de suivi des relations commerciales va perdurer. Julien Denormandie réaffirme également la nécessité de travailler sur la revalorisation des marques de distributeur (MDD), souvent restées à l’écart de l’élan des États-généraux de l’alimentation. Jacques Creyssel, président du collège de la distribution nouvellement intégré au Cniel, avertit toutefois que la crise économique implique « une importante sensibilité au prix » pour les consommateurs. Le juste équilibre reste donc à trouver.

« Des défis colossaux sont devant nous, conclut Julien Denormandie. Faire face au changement climatique et assurer une juste rémunération aux acteurs de la filière en font partie. Les demandes sociétales accélèrent la transition du monde agricole, mais cela a un coût et il n’est pas possible de demander toujours plus… sans financer plus. »

> À lire aussi : Coopératives, les mois qui viennent seront décisifs pour le prix du lait (04/09/2020)

Alexandra Courty
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