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Un bilan en demi-teinte pour le prix du lait

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Le bilan de la première année après les États-généraux de l’alimentation est mitigé pour les éleveurs laitiers en ce qui concerne le prix du lait. © A. Massiot/GFA

Un an après la ratification de la loi portant sur l’alimentation et à la veille des négociations sur les marques nationales, l’heure est au bilan. Pour la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), « la dynamique est lancée mais les retombées sont très hétérogènes selon les laiteries ».

« Sur la première année post-États-généraux de l’alimentation (EGA), on estime la hausse du prix du lait valorisé en PGC France (1) à plus ou moins 25 €/1 000 litres, avance André Bonnard, secrétaire général de la FNPL, lors d’une conférence de presse donnée le mercredi 27 novembre 2019. On a fait la moitié du chemin. »
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« Sur la première année post-États-généraux de l’alimentation (EGA), on estime la hausse du prix du lait valorisé en PGC France (1) à plus ou moins 25 €/1 000 litres, avance André Bonnard, secrétaire général de la FNPL, lors d’une conférence de presse donnée le mercredi 27 novembre 2019. On a fait la moitié du chemin. »

Pour le syndicat, présidé par Thierry Roquefeuil, « bien que les objectifs ne soient pas pleinement remplis, les signaux du marché sont encourageants », y compris sur le relèvement du seuil de revente à perte (SRP). « Les hausses de tarifs, certes insuffisantes, ont ruisselé jusqu’aux producteurs », écrivait d’ailleurs Damien Lacombe, président de Sodiaal, dans une tribune publiée le 25 novembre dans Les Échos.

Un impact variable, selon les industriels

Le bilan sur la réussite, ou l’échec, de l’acte I des EGA n’est pas manichéen. Il dépend à la fois des hausses de tarifs passées à la distribution, du respect du principe de ruissellement, mais aussi du mix-produit des entreprises laitières. « L’analyse doit se faire au cas par cas », appuie André Bonnard. D’après les estimations du syndicat, la hausse du prix du lait sur le marché intérieur, zone d’application des EGA, est comprise entre 19 et 33 €/1 000 litres sur les douze derniers mois.

« Si on prend la borne maximale à 33 €/1 000 litres, cela signifie qu’un industriel tel que Savencia qui, selon nos estimations, a 60 % de son mix-produit en PGC France aurait dû voir son prix du lait grimper de presque 20 €/1 000 litres sur l’année, illustre André Bonnard. Pour Lactalis et Sodiaal, l’évolution attendue serait respectivement de 17 €/1 000 litres et 13 €/1 000 litres. » Il est à noter que Sodiaal s’était fixé un objectif de hausse du prix du lait à 20 €/1 000 litre sur 2019, un palier à moitié atteint.

Sur le terrain, « Savencia a rempli le contrat, y compris auprès de ses fournisseurs comme Terra Lacta, mais le compte n’y est pas encore pour Sodiaal et Lactalis », constate André Bonnard. La FNPL a pointé du doigt deux cas particuliers. «  Le prix du lait payé par Bel n’a pas progressé cette année car les EGA y avaient été anticipés. Chez Danone, en revanche, le ruissellement n’a tout bonnement pas fonctionné. » 

Poursuivre les efforts

Pour l’ensemble des protagonistes, l’acte II des EGA, lancé avec le début des négociations commerciales sur les marques nationales le 28 novembre, va être décisif. À défaut de savoir « à qui incombe la faute (de ce demi-échec, NDLR) », Damien Lacombe, président de Coop de France métiers du lait et de Sodiaal, appelle « l’ensemble des acteurs de la filière à soutenir activement le combat pour une juste rémunération des éleveurs. Et ce, pour enfin tenir 100 % de la promesse de la loi EGAlim en cette seconde année d’expérimentation. »

Du côté de la FNPL, on craint un phénomène de marche arrière. « Certains opérateurs sont frileux à l’idée de transformer l’essai sur les négociations 2020 car tout le monde n’a pas joué le jeu, dénonce Thierry Roquefeuil. Nous demandons aux pouvoirs publics de persévérer et de ne pas condamner cette loi, quand bien même l’acte II ne serait pas concluant. Il est hors de question de revenir sur le principe même de l’inversion de la construction du prix ! »

Trouver de nouveaux leviers pour sécuriser le revenu des éleveurs

Chacun y va de sa petite idée pour « transformer l’essai ». Du côté de Coop de France métiers du lait, on demande la transposition des avancées réalisées sur les marques de distributeur (MDD). De fait, « les transformateurs laitiers dotés de marques nationales fortes ont récupéré davantage de valeur qu’elles ont en partie distribuée à leurs livreurs, explique l’Institut de l’élevage (Idele). En revanche, la concurrence entre les distributeurs s’est reportée sur les produits laitiers MDD qui sont surtout fabriqués par les transformateurs coopératifs. » Coop de France sollicite également la possibilité pour les coopératives de pouvoir prétendre aux accords tripartites.

Pour la FNPL, la juste valorisation des MDD est aussi un prérequis, tout comme l’implication de la restauration hors domicile (RHD) en parallèle de celle de la grande distribution (GMS). Thierry Roquefeuil demande également à ce que la loi EGAlim, centrée sur les industriels privés, précise davantage le cas des coopératives quant à la prise en compte du prix de revient des éleveurs dans les négociations.

« La mécanique des EGA fonctionne, mais la couverture des coûts de production n’est pas là, conclut Thierry Roquefeuil. L’enjeu final de ce combat pour une juste rémunération est, à terme, l’attractivité du métier et le renouvellement des générations. Il en va de la pérennité de la filière. »

A. Courty

(1) Produits de grande consommation France ou marché intérieur.

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