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La filière laitière américaine décroche

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Malgré la crise sanitaire, la collecte laitière américaine devrait encore progresser de 1,5 % cette année. © Claudius Thiriet

Alors que la filière laitière américaine reprenait des couleurs l’an passé, la crise du Covid-19 vient rebattre les cartes. En avril, le prix du lait est tombé sous la barre des 300 €/1 000 litres, loin du pic à 460 €/1 000 litres à la fin de 2019. L’effondrement du cours du cheddar y est pour beaucoup.

« Du rire aux larmes », résume Benoît Baron, économiste à l’Institut de l’élevage (Idele) lors d’un webinaire organisé le 17 juin 2020. En 2019, tous les signaux étaient au vert. Sur le dernier trimestre, les exportations américaines de produits laitiers affichaient une progression de 20 % par rapport à 2018 (en valeur). De son côté, le prix du lait dépassait les 450 ...
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« Du rire aux larmes », résume Benoît Baron, économiste à l’Institut de l’élevage (Idele) lors d’un webinaire organisé le 17 juin 2020. En 2019, tous les signaux étaient au vert. Sur le dernier trimestre, les exportations américaines de produits laitiers affichaient une progression de 20 % par rapport à 2018 (en valeur). De son côté, le prix du lait dépassait les 450 €/1 000 litres, un niveau jamais atteint depuis 2014 d’après les données rassemblées par la Commission européenne. « La collecte nationale a frôlé les 100 millions de tonnes (+0,4 %/2019) », ajoute l’économiste. Puis l’arrivée du Covid-19 sur le territoire a provoqué la chute des cotations, et avec elle, la fin d’une ère.

À lire aussi : Malgré le coronavirus, Donald Trump force les éleveurs américains à travailler (01/05/2020)

Stocks au plus haut

Entre février et mai 2020, le cours américain du cheddar a perdu presque 2 000 $ la tonne. Sur la poudre maigre et le beurre, la Commission européenne fait état de pertes respectives d’environ 1 000 $/t et 1 500 $/t. « Un rebond s’observe depuis le début du mois de mai », note toutefois Benoît Baron. Pour le cheddar, le rebond est substantiel : son prix s’élève à 5 500 $/t au 8 juin, soit une progression de 140 % par rapport à la fin de mai.

« Le prix du lait est rapidement attendu à la hausse, explique Rémi Valençot, de Gira Foodservice. C’est pourquoi on ne s’attend pas à une forte décapitalisation du cheptel. D’après nos estimations, sur l’ensemble de l’année 2020, la collecte devrait progresser de 1,5 % sur un an. »

En parallèle, les stocks des industriels gonflent. Que ce soit sur le beurre, le fromage ou la poudre maigre, « on est au plus haut niveau depuis au moins 15 ans », souligne Benoît Baron, de l’Idele. L’institut Gira prévoit des surstocks de 200 000 tonnes de fromages, 100 000 tonnes de poudre et 45 000 tonnes de beurre à la fin de l’année, par rapport aux niveaux de 2019. « Le rebond des cotations pourrait bien ne pas durer », alerte Rémi Valençot. La dépréciation du peso mexicain joue également dans ce sens.

Des aides « considérables »

Malgré tout, la collecte laitière et les exportations ont continué leur progression sur le premier trimestre de 2020 ainsi qu’en avril. L’intervention du gouvernement, avec la mise en place du Coronavirus food aid program (CFAP), explique probablement en partie cette augmentation.

« De janvier à mars 2020, les producteurs laitiers américains ont pu prétendre à une aide directe de 137 $/t, relate Jean-Christophe Debar, membre d’Agri US Analyse et chroniqueur pour La France Agricole. Au 8 juin 2020, seulement un quart des éleveurs ont demandé et reçu cette aide. »

À lire aussi : Le lait liquide est le talon d’Achille de l’industrie américaine (02/03/2020)

A. Courty
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