S'abonner
Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

L’impact du Covid-19 varie d’un bassin laitier à l’autre

réservé aux abonnés

 -
Le plan d’aide à la réduction de collecte du Cniel fait figure d’exception à l’échelle internationale. © C. Faimali/GFA

Alors que la situation est particulièrement préoccupante pour la filière laitière française, les producteurs britanniques et américains sont d’ores et déjà dans l’impasse. Sur le continent européen, la plupart des pays retardent la demande de modération de la production, mais l’Institut de l’élevage estime que la tendance pourrait vite se retourner.

Confinement partiel ou total, mix-produit des entreprises locales, portefeuilles à l’exportation variés… La crise sanitaire du Covid-19 n’impacte pas les grands bassins laitiers mondiaux de la même manière. En Europe, « rares sont les pays qui ont officiellement appelé à la réduction de la collecte laitière mais cela ne devrait plus tarder, avance Jean-Marc Chaumet, économiste, lors d’une visioconfé...
Contenu réservé aux abonnés de L'éleveur laitier
pour vous connecter et poursuivre la lecture
10%

Vous avez parcouru 10% de l'article

Poursuivez la lecture de cet article
en profitant de 2 mois de découverte à L’éleveur laitier
(Offre sans engagement, réservée aux personnes non abonnées)
  • > Accédez à tous les articles
  • > Recevez la newsletter
  • > Recevez 2 numéros chez vous
J'en profite !

Confinement partiel ou total, mix-produit des entreprises locales, portefeuilles à l’exportation variés… La crise sanitaire du Covid-19 n’impacte pas les grands bassins laitiers mondiaux de la même manière. En Europe, « rares sont les pays qui ont officiellement appelé à la réduction de la collecte laitière mais cela ne devrait plus tarder, avance Jean-Marc Chaumet, économiste, lors d’une visioconférence donnée par l’Institut de l’élevage (Idele) le 16 avril 2020. Le déblocage du stockage privé et le déclenchement de l’intervention pour les ingrédients laitiers pourraient s’opérer sous peu. »

L’Europe et l’Océanie résistent tant bien que mal

Sur le vieux continent, le plan d’urgence du Cniel fait figure d’exception. Aux Pays-Bas, aucune consigne n’a été donnée aux producteurs. Le lait y est principalement transformé en gouda et les débouchés subsistent. Néanmoins, « les transformateurs locaux ont convenu d’un plan de secours permettant le transfert de lait d’un site à l’autre si le besoin s’en fait sentir », relève Jean-Marc Chaumet.

En Allemagne, la collecte laitière suit également son cours. Seuls quelques industriels et organisations de producteurs dépendant du segment de la restauration hors domicile (RHD) appellent à la modération. « Les plus gros opérateurs, que sont Arla et DMK, pensent pouvoir s’appuyer sur la hausse des achats des ménages pour maintenir leur activité », précise Jean-Marc Chaumet.

En Irlande, pas d’appel unanime à la réduction des livraisons non plus, mais les premières inquiétudes se font sentir à l’approche du pic de collecte printanier, qui concentre 40 % de la production annuelle du pays. La majorité des laiteries ont déjà annoncé une baisse du prix du lait de 20 à 40 €/1 000 litres à compter du mois de mars.

En Espagne, durement touchée par l’épidémie de coronavirus, « le message se veut rassurant, note Jean-Marc Chaumet. Le lait de consommation étant un pilier des fabrications locales, les usines continuent à tourner. »

En Italie, la situation est moins réjouissante. Pas de consigne à l’échelle nationale mais la Lombardie, épicentre de l’épidémie de coronavirus et plus important bassin de collecte du pays, est en difficulté. La problématique y est similaire à celle que connaît la France, car si les achats des ménages grimpent en GMS, les produits sous appellation ne connaissant pas le même engouement. Le prix du lait Spot y est en chute libre (voir ci-dessous).

À lire aussi : 352 €/1 000 litres pour les producteurs européens (15/04/20)

De l’autre côté du globe, la Nouvelle-Zélande est pour l’heure relativement épargnée par la pandémie. Le pic de production local est passé et les cotations du beurre et du cheddar y restent stables, « d’autant que le commerce reprend progressivement vers les pays asiatiques », ajoute Jean-Marc Chaumet.

Les États-Unis et le Royaume-Uni à la peine

Outre-Manche, les producteurs britanniques sont dans une grande difficulté. « Dès la fin de mars, certains opérateurs orientés RHD ont annoncé une baisse plus ou moins conséquente du prix du lait ou encore le décalage des paies », explique Jean-Marc Chaumet. En parallèle, d’autres entreprises au mix-produit plus avantageux recrutent des livreurs, mais pas de quoi maintenir la collecte nationale.

À lire aussi : Royaume-Uni, des milliers de litres de lait jetés (15/04/20)

Outre Atlantique, la situation n’est pas meilleure. Comme en France, les voyants étaient au vert au début de l’année : « La collecte était dynamique, le cheptel en progression et le prix du lait permettait aux producteurs de sortir la tête de l’eau puis la situation s’est rapidement dégradée », observe Jean-Marc Chaumet. Aux États-Unis, le segment de la RHD a une importance autrement plus forte. À l’exportation, la dépréciation du peso mexicain complique les affaires.

Résultat, « on estime que 10 % du lait produit est en excédent », explique Jean-Marc Chaumet. De 10 000 à 14 000 tonnes de lait sont jetées chaque jour. Sur les marchés, les cotations beurre-poudre sont en chute libre. « Les stocks de beurre, coproduit du lait de consommation écrémé, ont atteint leur plus haut niveau depuis 1993 », souligne-t-il. Le cours du cheddar, déterminant dans la construction du prix du lait local, est également en fort repli (voir ci-dessous). « Comparativement à d’autres fromages fréquemment consommés en RHD, le cheddar se vend facilement au détail. »

À lire aussi : États-Unis, « je jette mon lait et ça me met en colère » (16/04/20)

La Chine amorce un retour à la normale

Si la situation se résorbe progressivement en Chine, il n’est pas dit que le marché se rouvre de sitôt aux envois européens d’ingrédients secs. « Entre la hausse des importations en 2019, une collecte locale en progression et la réorientation des fabrications vers la poudre au début du confinement, les stocks sont renfloués, analyse Jean-Marc Chaumet. À voir maintenant si le pays va donner l’avantage aux importations, et freiner la pression sur les cours mondiaux, ou favoriser ses stocks, plus coûteux. »

A. Courty
Imprimer Envoyer par mail Commenter
Commenter cet article 0 commentaires
En direct
Afficher toutes les actualités

Dans la même rubrique

Sélectionné pour vous

Sélection bovine des taureaux et des hommes

45€

Disponible

AJOUTER AU PANIER

Le vêlage : Complications du vêlage, maladies des nouveaux-nés et colostrum

29€

Indisponible

AJOUTER AU PANIER

Maladies parasitaires du mouton 4ème edition

29€

Disponible

AJOUTER AU PANIER