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Le déconfinement néglige-t-il la médecine vétérinaire ?

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Les laboratoires vétérinaires départementaux ont la capacité d’analyser 20 000 tests par jour. © Pixabay

Depuis le début d’avril, les laboratoires vétérinaires départementaux sont autorisés à analyser les tests de dépistage. Le secteur de la médecine vétérinaire souhaite aussi s’impliquer dans l’analyse sérologique et fournir des kits pour réaliser les tests.

Dans son discours devant l’Assemblée nationale, le 28 avril 2020, pour présenter le plan de déconfinement, le Premier ministre Édouard Philippe n’a cessé de marteler qu’il faudrait « protéger, tester, isoler ».
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Dans son discours devant l’Assemblée nationale, le 28 avril 2020, pour présenter le plan de déconfinement, le Premier ministre Édouard Philippe n’a cessé de marteler qu’il faudrait « protéger, tester, isoler ».

Pour appliquer « ce triptyque du déconfinement », il a précisé, qu’à partir du 11 mai 2020, date du début du déconfinement, 700 000 tests de dépistage du coronavirus, devraient être réalisés chaque semaine en France afin d’isoler les patients « positifs ».

Il n’a donc pas manqué de rappeler que depuis le 6 avril dernier, les laboratoires départementaux, notamment vétérinaires, sont autorisés à analyser des tests de dépistage.

20 000 tests par jour dans les laboratoires vétérinaires

Si Jean-Luc Angot, président de l’Académie vétérinaire de France (AVF), s’est félicité de cette décision. Il l’a en revanche trouvée « un peu lente ». L’AVF avait demandé dès le 21 mars 2020 que les laboratoires vétérinaires soient mobilisés. « Même quand le texte est sorti, il y a eu des difficultés au niveau local, les ARS (agences régionales de santé), ont un peu tardé à solliciter l’aide de ces laboratoires. Mais cela commence à monter en puissance », explique Jean-Luc Angot.

« La capacité totale des laboratoires vétérinaires (départementaux) est de 20 000 tests par jour. Sur 70 laboratoires vétérinaires, une quarantaine ont été sollicités à ce jour », détaille un communiqué de l’Académie vétérinaire de France (AVF), daté du 28 avril 2020.

Des industriels peuvent fabriquer les tests mais pas les vendre

Le secteur de la médecine vétérinaire ne souhaite pas seulement s’impliquer dans l’analyse des tests mais aussi dans la fabrication de réactifs pour ces tests de dépistage (les tests PCR). Depuis le 14 avril 2020, trois entreprises de fabrication de médicaments et de réactifs vétérinaires sont autorisées, par le centre national de référence Pasteur, qui accorde les agréments, à fabriquer ces réactifs pour les tests de dépistage du Covid-19.

Il reste cependant une ombre au tableau. « Nous avons le droit les fabriquer, mais pas encore le droit de les commercialiser en France », relate Jean-Louis Hunault, président du SIMV (Syndicats de l’industrie des médicaments et réactifs vétérinaires). « Voilà deux semaines que nous attendons qu’un arrêté paraisse au Journal officiel afin que nous soyons enregistrés auprès de l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament), pour apparaître comme entreprise du diagnostic humain », se désole-t-il.

Les trois entreprises qui ont reçu l’agrément sont actuellement en capacité de produire 300 000 kits de tests par semaine. « Sur 700 000, ça fait quand même beaucoup. Nous avons un vrai rôle à jouer », commente Jean-Louis Hunault. Il explique que pour le moment ces kits sont vendus à d’autres pays. « Ce manque de visibilité réduit l’orientation de nos productions vers France. »

Il remarque tout de même que le message politique évolue. Le 29 avril 2020, Jean-Louis Hunault a reçu une lettre signée par le ministre de la Santé, Olivier Véran. « On nous dit enfin que l’on compte sur nous. C’est très fort. Cela fait déjà un mois et demi que nous avons indiqué notre capacité de mobilisation », souligne le président du SIMV. « Il n’est pas trop tard. Nous allons contribuer à l’effort national », ajoute-t-il.

Plus de 400 000 tests sérologiques par semaine

Les laboratoires et les industriels vétérinaires souhaitent aussi se mobiliser pour l’analyse et la réalisation de tests sérologiques, qui permettent de déterminer si l’on est immunisé contre le coronavirus.

« Les laboratoires vétérinaires, qui sont tous accrédités en sérologie, ont la particularité de disposer d’automates pouvant traiter de grandes quantités de prélèvements », explique l’AVF. Le communiqué souligne que la capacité totale des laboratoires vétérinaires est de 80 000 tests sérologiques par jour, donc plus de 400 000 par semaine.

Les industriels possèdent également de grandes capacités de production. « Pour le moment, une seule entreprise a déposé un dossier auprès du centre de référence Pasteur et cette seule entreprise peut produire un million de tests sérologiques par semaine », relate Jean-Louis Hunault.

La doctrine du gouvernement sur l’utilisation de ces tests n’étant pas encore définie, il n’a pas encore rendu de décisions quant à l’implication des laboratoires et des industriels vétérinaires pour l’analyse et les fabrications des sérologies.

La médecine vétérinaire « sous-exploitée »

D’une manière générale, Jean-Luc Angot regrette que les compétences de la médecine vétérinaire soient négligées dans la gestion de cette crise. Sur les 5 000 vétérinaires qui se sont portés volontaires pour s’engager dans la réserve sanitaire, seule une dizaine d’entre eux ont été appelés.

Il estime pourtant que les vétérinaires pourraient, par exemple, épauler les médecins et les infirmières dans les prélèvements pour les tests mais aussi être engagés dans « les brigades cas contacts », qui après le 11 mai 2020 devront recenser les personnes ayant été en contact avec les personnes testées positives au Covid-19.

« Il y a un vrai cloisonnement entre médecine humaine et vétérinaire, le monde médical a des difficultés à collaborer avec les vétérinaires », remarque-t-il.

« Nous avons de vraies compétences en matière d’épidémiologie, il est donc dommage qu’aucun vétérinaire n’ait été consulté par le conseil scientifique, comme cela a été le cas en Allemagne, ajoute-t-il. Nous avons l’habitude de travailler sur des grandes populations; »

> À lire aussi : Coronavirus, les vétérinaires en renfort (03/04/2020)

Marie-Astrid Batut

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