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La filière italienne se met au diapason du Covid-19

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p.lecann

Production. L‘Italie est aujourd’hui confrontée à ce que la France redoute : des outils de transformation à l’arrêt… Phénomène qui, en semaine 12, ne touchait heureusement que de petites laiteries locales.

La filière italienne est en première ligne de la pandémie de coronavirus. Le confinement l’affecte, provoquant, depuis mi-mars, une crise sans précédent. Au début de l’instauration de la zone rouge, foyer de l’épidémie, les élevages laitiers bénéficiaient de dérogations, contrairement aux autres entrepreneurs et agriculteurs. Leurs salariés, les vétérinaires, marchands de bestiaux...
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La filière italienne est en première ligne de la pandémie de coronavirus. Le confinement l’affecte, provoquant, depuis mi-mars, une crise sans précédent. Au début de l’instauration de la zone rouge, foyer de l’épidémie, les élevages laitiers bénéficiaient de dérogations, contrairement aux autres entrepreneurs et agriculteurs. Leurs salariés, les vétérinaires, marchands de bestiaux et fournisseurs d’aliments pouvaient entrer et sortir de la zone. La production se poursuivait, juste ralentie par les contrôles et contraintes administratives, nous raconte Mauro Spingardi, éleveur de 300 frisonnes, à Maleo, en Lombardie.

Mais après trois semaines de confinement, les habitudes de consommation ont changé, bousculant tout. Les exportations ont baissé. Les GMS enregistrent 30 % de ventes supplémentaires, tandis que les bars, pizzerias, restaurants, cantines ont fermé. Par conséquent, les petites laiteries locales, qui livraient du lait frais aux bars (pour les cappuccinos) et des fromages à la restauration collective, mettent le lait sur le marché Spot. Elles ne tiennent plus. Les multinationales, comme Lactalis et Granarolo, « sont vertueuses », affirme Giuseppe Palosti, éleveur de 200 vaches à Vittadone, dans la zone rouge. En effet, les gros opérateurs achètent une partie de ce lait qui ne trouve pas preneur sur les marchés locaux  pour le transformer en produits de longue conservation et lui trouver des débouchés en GMS, où leurs produits sont déjà référencés. Toutefois, cette baisse de consommation, qui n’est pas compensée par les achats domestiques, ne peut pas être gérée par ces seuls acteurs.

Les producteurs appelés à modérer leurs livraisons

À la suite d’une table ronde avec le ministère, les industriels et les syndicats ont unanimement décidé qu’ils feraient un effort. Coldiretti, le principal syndicat, conseille de baisser la production, en modifiant les rations, en réformant... visant ainsi une baisse de 3 % en volume.

L’État a activé un fonds de solidarité, de 6 M€, pour acheter 18 Ml de lait UHT, destinés à l’action sociale. En outre, les opérateurs ont lancé une campagne de communication pour que les consommateurs privilégient les produits frais et italiens. Effectivement, certains s’insurgent contre les industriels qui importent du lait (à bas coût) alors que la Péninsule est déficitaire. Giuseppe Palosti n’est pas de cet avis : « En cette saison, il y a peu d’importations. Cette situation dramatique n’est pas liée aux importations structurelles. » Il insiste sur la nécessité de construire, en période de crise, une relation de confiance et de responsabilité partagée .

Du petit-lait orienté vers des méthaniseurs

Que des laiteries locales ne puissent pas faire face, les éleveurs le comprennent. Mais que des industriels qui produisent surtout des fromages AOP à longue conservation (dont les cours aux GMS n’ont pas baissé)  profitent de l’occasion ne passe pas. Coldiretti reste vigilant sur de futurs arrêts de collecte qui seraient injustifiés. En effet, des éleveurs ont reçu des demandes de baisse de 10 à 25 % de leur production, et craignent qu’elles s’activent au 1er avril, date de départ des contrats, qui, ici, sont annuels.

La Lombardie, qui pèse plus de 40 % dans la production nationale, a adopté mi-mars un décret autorisant l’évacuation du petit-lait vers les unités de méthanisation (il y en a 120 dans la région). Les industriels peuvent ainsi libérer des silos de stockage pour réceptionner ces surplus de lait. Giuseppe comme Mauro expriment leur angoisse face à cette situation inédite.

Nadia Savin
Collecte. La crise n’a pas provoqué d’arrêts de collecte chez les éleveurs laitiers italiens. Le lait des petites laiteries qui ont cessé de transformer a pu être absorbé par les © P. L. C.
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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